LES PODCASTS DU LAMENTIN
Ici même, au sein de cette rubrique du site, chacune des conférences et des interventions complémentaires programmées fait l’objet d’un podcast. Ces podcasts rassemblés ici sont diffusés sur la chaîne YouTube de l’ITM et l’ensemble de ses réseaux. Si vous désirez être informé prioritairement de ces mises en ligne, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter de l’ITM.
Par la diffusion de ces podcasts, l’ensemble des contenus de cet hommage rendu à Édouard Glissant par la Ville du Lamentin en partenariat avec l’Institut du Tout-Monde, est mis à disposition de tous et est voué par conséquent à une diffusion nationale et internationale, sur l’ensemble des réseaux numériques de l’ITM. L’occasion de pérenniser cet événement à ce jour inédit, mais surtout l’occasion d’un vaste partage de ces contenus.
LES CONFÉRENCES
5e CONFÉRENCE : Qu’est-ce que la Relation ? Rien n’est Vrai, tout est vivant
Cette cinquième et dernière conférence du cycle sera l’occasion d’aborder ce qui constitue l’ultime et cruciale ramification de la pensée d’Édouard Glissant, sa « dernière poétique » pourrait-on dire, puisqu’il s’agit bien de l’aboutissement en somme de toute sa réflexion. Les itinéraires proposés au cours de ce cycle s’achèveront par conséquent avec la part de cette pensée peut-être la moins étudiée à ce jour et dont il importe de souligner l’ampleur afin de comprendre réellement l’achèvement de la vision du monde de Glissant. Cette part encore minorée et pourtant fondamentale, c’est celle d’une pensée du « vivant » qui, dans une large mesure, fait la jonction entre les données de la réflexion menée autour des thématiques de l’identité, de l’interculturalité et de l’altérité, avec un nouveau regard sur la pensée écologique envisagée au sens philosophique, anthropologique et politique. Pour le volet d’une réelle conscience écologique glissantienne, il s’agit d’envisager comment l’œuvre est en quête d’une symbiose de l’homme avec son entour. C’est dire combien cette ultime investigation de l’écrivain lui permit de parachever son concept de Relation, et c’est dire l’importance de cette phase que toute l’œuvre annonçait. C’est ce cheminement autant que cet aboutissement qui seront au centre de cet éclairage, focalisé autour du dernier credo d’Édouard Glissant : « Rien n’est Vrai, tout est vivant. »
Et parce que cette conférence est en grande partie liée à l’ouvrage qu’Édouard Glissant avait publié en 2007 aux Éditions du Seuil avec Sylvie Séma, intitulé La terre magnétique. Les errances de Rapa Nui, nous vous proposons conjointement à cette dernière conférence du cycle, les éclairages inédits que nous avait confiés Sylvie Séma Glissant en 2018 pour le séminaire de l’Institut du Tout-Monde, autour de l’écriture à deux voix de cet ouvrage exceptionnel, approche intuitive, poétique et visionnaire de l’histoire tragique de l’île de Pâques — une vision elle-même si métaphorique des destinées insulaires confrontées aux équilibres précaires du vivant. Plus que jamais, cette parole et cette vision nous sont indispensables pour percevoir comme il se doit l’ultime ramification de la poétique glissantienne et de sa tension vers la pleine expression de la Relation.
Sylvie Glissant, artiste peintre (sous le pseudonyme de Sylvie Séma), directrice de l’Institut du Tout-Monde, nous parle de cette relation de voyage qu’aura constitué la publication par Édouard Glissant de La terre magnétique. Les errances de Rapa Nui, l’île de Pâques, en 2007 aux Éditions du Seuil. Cette écriture à deux voix livre un véritable décodage du paysage et des destinées de l’île de Pâques. En un compagnonnage créateur, le propos de l’écrivain côtoie les récits et les dessins d’artistes de Sylvie Séma qui gardent trace des voies secrètes de ce lieu magnétique. C’est cette réalisation singulière qui a déjà donné lieu au regard de la critique et qui continue aujourd’hui de susciter l’attention et parfois la fascination qui est abordée pour la première fois par Sylvie Glissant. L’entretien que nous avons mené avec elle permet d’approcher au plus près les tracés d’une création duale et d’une appréhension singulière de l’espace et du temps, que constitue La terre magnétique dans l’œuvre d’Édouard Glissant.
4e CONFÉRENCE : Poétique du monde et imaginaire des langues
Pour la 4e conférence du cycle, ce sont les questions centrales de la poétique et des langues qui seront abordées, au regard de l’importance qu’elles induisent dans la pensée et dans l’œuvre d’Édouard Glissant. Si l’écrivain se définissait avant tout comme poète et concevait son œuvre selon les ramifications d’une vaste « poétique », c’est que l’expression du poème dit en lui une parole irremplaçable, qui imprègne tous les genres littéraires qu’il pratiqua. Ce travail poétique induit par ailleurs une conception spécifique des langues, de leurs dynamiques propres et de leur mise en relation, dans l’idéal agissant d’un imaginaire multilingue. Mais comme à l’accoutumée chez Glissant, c’est en écoutant les harmoniques de la parole qu’on est à même de découvrir ce qui l’innerve en profondeur – et qui conduit en l’occurrence à envisager une définition autant qu’une ampleur de la pensée elle-même sous le registre d’une poétique, et l’éloge du multilinguisme comme résultant d’un bilinguisme originel où, par-delà la diglossie, ses carcans et ses impasses, se déploie le génie puissant de la langue créole. Se pourrait-il que cette définition de la pensée en poétique intégrale et ce soubassement bilingue d’un imaginaire multiple des langues aient partie liée dans la vision glissantienne du monde ? C’est ce qu’on tentera de pister à la fois dans l’univers notionnel du philosophe et dans le monde de représentation de l’écrivain.
3e CONFÉRENCE : Créolisation, Tout-Monde, mondialité
Pour la 3e conférence du cycle, c’est tout le versant crucial du rapport au monde de la pensée d’Édouard Glissant qui sera abordé. Versant définitoire, pour une pensée qui vise en son essence, une redéfinition des liens entre le lieu premier et le monde, entre l’identité et l’ouverture – à tel point que c’est par ces aspects que cette pensée continue de proposer de nouveaux modèles où tout un chacun peut se reconnaître aujourd’hui à travers le monde. En s’éloignant des généralités souvent parcourues dans ce champ, le propos sera l’occasion de cerner avec précision les notions de créolisation, de Tout-Monde et de mondialité, et finalement les modalités selon lesquelles Glissant envisage une complète reformulation de l’interculturalité. Il s’agira en somme d’examiner comment l’écrivain propose par sa réflexion et dans son œuvre, de nouveaux repères philosophiques et anthropologiques qui in fine, vont redéfinir de fond en comble les notions d’humanisme et d’universel, en y désactivant l’héritage ethnocentrique occidental au profit d’une vision ample et dynamique, celle d’une « poétique du Divers ».
2e CONFÉRENCE : Identité, mémoire et politique du lieu
Pour la deuxième conférence du cycle, il est question de l’ensemble des pans de la pensée de Glissant (et de la représentation littéraire qu’elle induit) ayant trait à l’investigation de l’identité antillaise, à une réflexion inédite sur l’histoire coloniale et la mémoire de l’esclavage – le tout débouchant sur une « politique du lieu » faisant de son lecteur martiniquais à la fois un destinataire et un acteur. C’est sans doute dans ce champ que la lecture attentive et l’analyse exigeante de l’œuvre d’Édouard Glissant sont à même de la soustraire à ce regard généralisant et restrictif auquel on s’est trop habitué à propos de ses écrits. Car pas à pas, depuis Le Discours antillais en particulier jusqu’aux derniers essais, c’est à la fois une nouvelle philosophie de l’histoire réfutant les anciennes théories ethnocentrées, et une examen total redéployant les schèmes de l’identité et des destinées collectives, qu’Édouard Glissant a patiemment édifiées tout au long de son itinéraire intellectuel. Pour embrasser l’ensemble de cette réflexion, on est nécessairement invité à une prise en compte intégrale de l’œuvre, en s’éloignant d’une considération univoque et forcément lacunaire des seuls essais. On est également requis par un changement de regard sur une pensée qui se caractérise autour de toutes ces questions définitoires, par une précision fondamentale, et non cette évanescence et ce flou que lui ont prêtés au fil du temps des lectures dilettantes. C’est à ce prix, et si on consent à une relecture rigoureuse de Glissant, qu’on sera capable de déceler dans sa pensée de l’identité, de l’histoire et des mémoires, la puissance d’une vision « valable pour tous », à la seule condition qu’on en comprenne en détail sa vocation révolutionnaire et émancipatrice.
1ère CONFÉRENCE : Le Lamentin dans l’imaginaire et la pensée de Glissant
La place cardinale du Lamentin dans l’œuvre de Glissant, à la fois comme lieu matriciel d’un parcours et comme repère symbolique d’une pensée du monde. Édouard Glissant pense le Tout-Monde, la création littéraire et la « poétique » essentiellement à partir de son « lieu incontournable », le Lamentin. Un déploiement philosophique et imaginaire des rhizomes qui parcourent le monde en ouverture, à partir de ce lieu et vers ce lieu, en un mouvement de spirale. Séance introductive et socle de ces itinéraires d’une pensée-monde, de La Lézarde à La Cohée du Lamentin.
LES INTERVENTIONS COMPLÉMENTAIRES
DEUXIÈME INTERVENTION COMPLÉMENTAIRE : « Le jeune Édouard Glissant et le groupe du Franc Jeu »
(Monique Milia-Marie-Luce)
Vidéo de l’intervention de Monique Milia-Marie-Luce (Université des Antilles) le 5 août à la Médiathèque de la Ville du Lamentin, « Le jeune Édouard Glissant et le groupe du Franc Jeu ».
Monique Milia-Marie-Luce est à ce jour la première historienne à se pencher avec précision sur le fameux groupe du Franc Jeu qui fut, au lamentin, si important dans le parcours intellectuel et l’éveil politique du jeune Édouard Glissant. Que ce soit lors du colloque « Édouard Glissant, l’éclat et l’obscur » en 2020 ou plus récemment dans le quatrième numéro des Cahiers du Tout-Monde, elle a étudié avec attention les quelques rares archives existant autour des activités de ce groupe de jeune Lamentinois qui, dans les années quarante, ambitionnent de penser un souffle nouveau de l’identité collective martiniquaise. Elle livre lors de cette intervention filmée le 5 août 2025 à la Médiathèque du Lamentin, la synthèse de ces recherches déterminantes qui renouvellent entre autres l’approche qu’on pouvait avoir de l’ancrage premier d’Édouard Glissant au Lamentin, dans le sillage d’un mouvement de jeunesse qui devait marquer durablement la ville.
PREMIÈRE INTERVENTION COMPLÉMENTAIRE : « La Lézarde d’Édouard Glissant. Une ode au Lamentin, “le lieu incontournable” » (Juliette Éloi-Blézès)
Vidéo de l’intervention de Juliette Éloi-Blézès : « La Lézarde d’Édouard Glissant. Une ode au Lamentin, “le lieu incontournable” ». Captation réalisée par Hélène Éloi-Blézès (mai 2025).
Cette première vidéo des interventions complémentaires : le propos de Juliette Éloi-Blézès autour de La Lézarde d’Édouard Glissant, roman autour duquel l’enseignante martiniquaise (l’une des figures de l’Institut martiniquais d’études) a tant travaillé par le passé. Cette vidéo, réalisée par Hélène Éloi-Blézès, constitue le document de référence sur lequel s’appuieront les enseignants du Collège Édouard Glissant du Lamentin, pour le projet pédagogique autour de La Lézarde, qu’ils réaliseront avec les classes de Troisième du collège à partir de septembre 2025. Concernant le parcours « glissantien » de Juliette Éloi-Blézès, vous pouvez vous rapporter au dossier que lui avait consacré en juillet 2017 le site officiel d’Édouard Glissant (ÉdouardGlissant.fr). Nous vous recommandons également un entretien avec Juliette Éloi-Blézès paru en juillet 2021 dans le premier numéro des Cahiers du Tout-Monde (« Une histoire de l’IME »), sa contribution au colloque « Édouard Glissant et Le Discours antillais. De la source au delta » (Éditions de l’Institut du Tout-Monde, 2020) et son article dans le n° 3 des Cahiers du Tout-Monde en 2023 (« Les leçons de La Lézarde »).
